Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb

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Une autobiographie plutôt étonnante qui ma vraiment marquée. J’y repense à chaque fois que je vois une Carpe et, d’insignifiantes, elles sont devenues dégoutantes à mes yeux, c’est fou ! J’ai beaucoup aimé cette narration et cette façon d’écrire si particulière à l’auteure !

Parce qu’elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles – déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l’ont surnommée la Plante. L’intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c’est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n’est pas éternelle, même au pays du Soleil levant… Avec cette  » autobiographie de zéro à trois ans « , la romancière de Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.

Une autobiographie de la naissance à 3 ans, il n’y avait qu’Amélie Nothomb et ses excentricités pour y penser. J’en ai aimé l’idée et j’en ai aimé la lecture ! J’avais déjà lu ce livre il y a quelques années, lors de ma découverte de l’auteure, il m’avait marqué. Et bizarrement, depuis, je ne vois plus les carpes de la même façon !

Aujourd’hui, j’ai eu envie de le relire ! Allez savoir pourquoi mais il m’est revenu à l’esprit pendant que je donnais le biberon à ma Petite Elfe fraichement née (3 semaines). C’est étrange mais j’ai parfois l’impression que c’est moi qui décide de la nourrir et non elle qui me le réclame. Et cette image de tube digestif s’est imposée à moi, tout comme ce roman que j’ai ressorti de ma bibliothèque. (Loin de moi l’idée de comparer ma fille à un tube, ne vous méprenez surtout pas !)

Bref, il ne m’a pas fallu longtemps pour en re-parcourir les pages et j’ai apprécié cette petite pause lecture passée en compagnie de ma compatriote ! Elle a cette façon d’écrire qui ne me laisse jamais indifférente. J’adore cette narration, ce bébé qui parle et qui se prend pour Dieu, pour le centre de l’attention de tous. Les bambins voient-ils tous la vie de cette façon avant 3 ans ?

Une autre question que je me pose : Mme Nothomb se souvient-t’elle réellement de cette partie de sa vie et de son ressenti de l’époque ? C’est tellement bien écrit, tellement bien raconté qu’on a l’impression d’être dans sa peau, j’en ai été impressionnée. Je n’arrive même pas à trouver les mots pour décrire ce que je ressens. Elle ne met pas de gants pour s’exprimer, c’est assez… Touchant je dirais (ce mot n’est pas assez fort mais je n’en trouve pas d’autre pour l’instant). C’est un récit (et des mots) qui marque. En tout cas il m’a marquée moi…

Bref, du pur Nothomb ! Je le conseille aux fans de l’auteure qui ne l’auraient pas encore lu. Quant aux autres… à vous de voir car je sais qu’Amélie, on aime ou on n’aime pas. Je ne pense pas qu’il y ait de demi-mesure !

Citation(s) :
– Le regard est un choix. Celui qui regarde décide de se fixer sur telle chose et donc forcément d’exclure de son attention le reste de son champ de vision. C’est en quoi le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus.
– Le seul mauvais choix est l’absence de choix.
– Sans moi, ce chocolat est un bloc de rien. Mais on le met dans ma bouche et il devient le plaisir. Il a besoin de moi.
– Mais je persiste à penser que la meilleure raison, pour se suicider, c’est la peur de la mort.

Ma note : 3,5/5 (Bien)

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